Modulation de création de Mais n'te promène donc pas toute nue ! De Georges Feydeau
ACTU Février 27 : présentation semi-ouverte Théâtre de la Bastille (février)
Tournée 27-28 : en cours de diffusion / Le Manège, Scène Nationale de Maubeuge et son territoire (dates à confirmer).
DE GEORGES FEYDEAU / MISE EN SCÈNE NASTASSJA TANNER & GRÉGOIRE STRECKER
Feydeau a inventé un théâtre qui n'est qu'un moyen et non un principe, un système labyrinthique qui pose à tous les metteurs en scène la même question : comment y échapper ? Tel Dédale et Icare. C'est un théâtre du trop et si on faisait le moins qu'on peut faire.
Déjà Cocteau invitait à l’appréhender comme une matière poétique à part entière. La journaliste Mathilde Serrel s'étonnait qu’on puisse encore considérer cet auteur comme « une machine à consensus» ou « une poule à faire rire », invitant à (enfin !) abandonner le théâtre de boulevard. Et si Feydeau était un théâtre « hors genre ».
"Monologue Feydeau" est cette mise à nu de cette écriture pour mieux en dévoiler ses racines et le lieu théâtral qu'elle crée. Un lieu d'instabilité et de paradoxes. Un théâtre qui par sa non clarté ou son impureté a encore de l'avance sur nous, et donc peut nous éclairer. Il n'y a plus d'être ou ne pas être, aujourd'hui la question "c'est d'avoir ou n'avoir pas", nous dit-il dans une autre pièce. Oui, il faut sculpter "l'absence d'être ou ne pas être" chez cet auteur, voir le tragique dans cette constatation qui ne peut que faire rire. Partir de son silence, et regarder l'autre pièce qui est peinte derrière les mots.
Mettre l'envers à l'endroit pour mieux voir.
Une transe, un poème, une pièce de théâtre, un stand-up ou une performance, ce seul en scène de "Mais n'te promène donc pas toute nue!" nous emmène ailleurs, où le seul véritable personnage, invisible et encore sans nom, est la canicule de 1911, pendant laquelle l'auteur a écrit la pièce et en a fait son sujet principal, tant elle a étouffé Paris pendant trois mois, laissant après son passage 20 000 morts.
Mais n'te promène donc pas toute nue ! porte cette catastrophe dévastatrice transformant le phénomène climatique en phénomène théâtral. Une dévastation dont on n'aurait pas imaginé sa puissance, ni son issue, et qui pourtant quand elle agit ne laisse que le corps de l'acteur à être emporté on ne sait où.
Oui, comme Michel Corvin le disait à La Manufacture en 2012, on ne peut pas dépasser Feydeau, alors laissons le nous dépasser."
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